Une assurance habitation à la portée de tous? Un défi qui requiert beaucoup de doigté
Un calme équatorial prévaut sur le marché de l’assurance habitation au Canada; du moins pour l’instant. Les acteurs se jaugent : d’un côté de l’arène, les assureurs qui évaluent le risque avant de fixer leurs tarifs et, de l’autre, les propriétaires occupants qui aident à l’atténuer. Objectif? Trouver un terrain d’entente. L’accès à l’assurance habitation au pays doit demeurer stable et abordable.
Après avoir prêté une oreille attentive aux observations des experts de l’industrie partout au Canada et en nous fondant sur le plus récent rapport publié par l’Institut d’assurance, L’abordabilité de l’assurance habitation : Les conséquences pour l’industrie de l’assurance au Canada, nous avons décidé de consacrer le Tour d'horizon trimestriel de l’été 2026 aux répercussions de la mutation du climat ainsi que de la réglementation et des politiques sur l’abordabilité, la disponibilité et le caractère adéquat de l’assurance habitation. Comment notre pays peut-il éviter des crises comme celles ayant frappé la Floride, la Californie, l’Oklahoma et la Louisiane, États dans lesquels certains propriétaires occupants ne disposent même pas d’assurance habitation?
Risques similaires, différences de taille — le Canada se démarque sur plusieurs fronts et la particularité de notre marché en est pour quelque chose.
Selon le rapport de l’Institut d’assurance sur l’abordabilité de l’assurance habitation qui s’appuie sur les statistiques du Bureau d’assurance du Canada (BAC), au cours des 30 dernières années, les phénomènes météorologiques extrêmes ont fait passer de 400 millions $ à 4 milliards $ par année le montant des pertes attribuables aux sinistres catastrophiques. En 2024, le montant s’est élevé à 9 milliards $ en indemnités versées, un record, en raison de feux incontrôlés, d’inondations et d’épisodes de grêle partout au Canada. Sur cette même période, le prix de l’assurance habitation a affiché une augmentation de 5,3 % par rapport à une hausse du revenu de seulement 0,8 %. En outre, le coût de la vie élevé impose un fardeau financier aux ménages puisqu’il entraîne des répercussions sur l’abordabilité de l’assurance habitation pour les titulaires de police.
Le débat sur la mutation du climat, les températures extrêmes et les inondations ainsi que leurs répercussions néfastes sur les primes d’assurance ainsi que la disponibilité et le caractère adéquat des couvertures ne date pas d’hier. Signes avant-coureurs? Les tendances observées dans les sinistres assurés attribuables aux phénomènes météorologiques apparues bien avant d’occuper le devant de la scène publique comme elles le font désormais. Sensible à certains avertissements de l’industrie de l’assurance, le gouvernement a réagi en prenant des mesures pour protéger la population. Les assureurs ont également fait preuve de souplesse afin de mieux répondre aux besoins des titulaires de police en leur offrant de nouveaux produits. La raison principale? Renforcer la résilience des Canadiens.
Maximilien Roy est vice-président, Stratégie, au Bureau d’assurance du Canada (BAC). Dans le cadre de ses fonctions, il suit de près les phénomènes météorologiques violents et se préoccupe de l’influence du climat sur l’industrie de l’assurance et les titulaires de police.
Parmi les faits marquants de la dernière décennie, il tient à souligner l’introduction de l’assurance contre les inondations par ruissellement, un énorme coup de pouce novateur qui permet de protéger les Canadiens contre les inondations. Auparavant, les propriétaires occupants étaient souvent sous-assurés contre les phénomènes météorologiques violents alors que ceux-ci devenaient de plus en plus fréquents et graves. Même aujourd’hui, malgré une plus grande accessibilité de ce type d’assurance, certains propriétaires occupants situés dans des zones à risque extrême d’inondation ne sont toujours pas en mesure d’y souscrire.
Selon M. Roy, l’assurance contre les inondations en était à ses balbutiements il y a dix ans au Canada alors que de nos jours près de 94 pour cent des propriétés au pays peuvent être assurées contre les inondations grâce aux efforts déployés par les acteurs de l’industrie. Même si nous avons désormais en main des outils pour mieux protéger les Canadiens contre les phénomènes météorologiques violents, il reste encore énormément de pain sur la planche.
« À tout le moins, nous disposons désormais des produits adéquats et de la capacité de souscription des risques. C’est grâce au virage entrepris par l’industrie que nous sommes en mesure de mieux servir les consommateurs d’assurance, » affirme M. Roy.
Un élan novateur couronné de succès au pays qui a permis d’atténuer les risques associés aux changements climatiques. C’est le type d’initiative qui permettra de prendre des décisions éclairées pour éviter que les Canadiens se retrouvent dans une impasse comme leurs voisins du Sud. En effet, aux États-Unis, certains propriétaires occupants n’ont d’autre choix que de souscrire une assurance dans le cadre d’un système de dernier recours administré par le gouvernement appelé Fair Access to Insurance Requirements (FAIR).
Selon Cameron Copeland, président et chef de la direction de SPG Canada, un agent général principal, un marché des AGP concurrentiel offre des couvertures contre des risques pour lesquels les assureurs traditionnels ont peu d’appétit.
« Nous sommes là pour combler le vide et répondre à cette demande, » affirme M. Copeland.
Au service de la population canadienne d’un océan à l’autre, SPG Canada offre un large éventail de solutions d’assurance s’adressant tant aux entreprises qu’aux particuliers ainsi qu’aux propriétaires d’habitations standards dans les zones présentant des risques de feux incontrôlés ou de catastrophes naturelles. L’objectif, selon M. Copeland, est d’offrir des garanties à une clientèle moins bien desservie et à des propriétaires occupants aux prises avec plusieurs hypothèques et ayant déjà subi des sinistres.
Les AGP collaborent avec un certain nombre de compagnies d’assurance leur permettant de bénéficier du pouvoir de sélection des risques tout en respectant des limites prédéfinies. Ils sont ainsi ensemble en mesure d’offrir des produits aux consommateurs situés dans des zones à risque élevé par l’intermédiaire de courtiers. C’est au courtier qu’incombe la responsabilité de présenter les risques à un assureur ou à un AGP donné.
« Les AGP assurent les risques que les assureurs refusent d’assumer à 100 pour cent. Nos tarifs tiennent toutefois compte des coûts des sinistres; le gouvernement ne nous verse aucun montant, » confirme M. Copeland. « Le marché demeure quand même dynamique puisque plusieurs autres AGP proposent aussi les mêmes services que nous. »
Malgré l’explosion des sinistres assurés attribuables aux phénomènes météorologiques violents, le marché de l’assurance au Canada se distingue radicalement de celui aux États-Unis. En effet, grâce à une concurrence saine, les consommateurs évitent des scénarios cauchemars comme l’absence ou le manque d’assurance ou encore une crise de l’abordabilité.
« Nous avons de la chance : notre système ne fonctionne pas de la même manière et la situation est donc loin de celle qui prévaut au sud de la frontière, » déclare M. Roy.
Le risque qu’une habitation ne soit pas assurable est faible au Canada. Aux États-Unis, la réglementation sur la tarification des produits d’assurance est plus stricte tout autant que sur les types de produits pouvant être offerts. Au Canada, le marché respire la concurrence à pleins poumons, ce qui constitue un énorme avantage.
« Si le modèle d’affaires ne sourit pas aux assureurs, la situation devient bancale, » précise M. Roy. « Il est important de garder les yeux ouverts même s’il est clair que notre contexte n’est pas comparable.»
M. Copeland abonde en ce sens : « L’assurance des biens baigne dans un esprit de concurrence. L’industrie est loin d’être un oligopole ou un endroit où se livre une lutte sans merci pour protéger les profits. Pour combler le revenu de souscription perdu au cours d’une année, les assureurs tirent leur épingle du jeu en misant sur les investissements. Les consommateurs en sortent donc gagnants grâce à la structure même du marché d’assurance au pays. »
En privilégiant la concurrence et minimisant l’influence politique, il est possible d’offrir aux titulaires de police canadiens des produits qui leur conviennent sans que ceux-ci disparaissent ou deviennent inabordables.
Selon John Taylor, président et chef de la direction de la Ontario Mutual Insurance Association (OMIA), une étroite collaboration entre les parties prenantes peut éviter un dérapage.
« Nous devons nous serrer les coudes et miser sur notre jugement sans égard pour la politique afin de régler les questions de nature réglementaire, » déclare M. Taylor. « Lorsque les autorités de réglementation fixent des plafonds de tarification ou ne permettent pas aux compagnies d’assurance d’atteindre un seuil de rentabilité ou de faire des profits, elles flirtent avec une crise de l’abordabilité. Nous l’avons vu maintes fois aux États-Unis. »
Atténuation des risques : le point sur la réglementation et les politiques
À mesure que le gouvernement fédéral déploie des mesures pour accélérer la construction résidentielle partout au pays, les spécialistes en assurance tiennent à préciser que les emplacements choisis sont tout aussi importants que la vitesse à laquelle avancent les chantiers. Ces nouveaux projets doivent miser sur la sécurité et la résilience des habitations et il est important de s’assurer qu’ils se déroulent hors des zones présentant un risque élevé. La question se pose donc : à quels endroits les promoteurs immobiliers devraient-ils construire et quel rôle les gouvernements doivent-ils jouer pour résoudre la crise du logement en minimisant les dommages ou les sinistres futurs?
« Nous sommes en pleine crise du logement et il est impératif que de nouvelles propriétés voient rapidement le jour. Cependant rien ne sert de se précipiter, il faut aussi construire intelligemment afin d’éviter les dégâts à l’avenir », précise M. Roy. Si bâtir rapidement signifie de lancer des projets dans des zones à haut risque, le pari est raté. Quelle est l’utilité de construire des logements qui seront exposés à des phénomènes météorologiques extrêmes dans les années à venir?
L’infrastructure au pays est vieillissante et sa résilience face à des phénomènes météorologiques extrêmes fait défaut. Les gouvernements devraient, par exemple, privilégier l’atténuation du risque de refoulement d’égout dans les régions où la situation s’aggrave.
« Les risques ont évolué et il est grand temps de prendre de bonnes décisions. Mieux vaut prévenir que guérir. » « Ce sont tous des éléments dont il faut absolument tenir compte. »
La myopie des gouvernements au chapitre de la planification et de l’aménagement du territoire préoccupe M. Taylor. La plupart des membres de l’OMIA se trouvent en Ontario : les offices de protection de la nature de la province défendent ardemment de bonnes pratiques dans l’aménagement du territoire et exhortent le gouvernement à éviter de bâtir dans des zones à haut risque ou dans des régions revêtant une importance écologique comme les aires de drainage naturelles. Toutefois, leur rôle risque de perdre en importance.
« Je suis d’avis que les efforts visant l’aménagement doivent tenir compte non seulement du type de territoire; il est également impératif de déterminer ce qui est permis et à quelle fin ces endroits seront utilisés, » conclut M. Taylor. « Nous agissons contre notre propre intérêt si nous continuons à encourager la construction dans des zones d’importance environnementale parallèlement à la transformation de terrains en terres agricoles. À mesure que les fermes disparaissent, le paysage dans le sud de l’Ontario risque de changer dramatiquement, faute d’espace. »
Selon lui, le problème s’étend bien au-delà de la sécurité alimentaire et de l’impact sur l’économie. Les terres agricoles favorisent le drainage et la durabilité des sols en plus d’absorber les gaz à effet de serre; des aspects non négligeables dans la lutte contre les changements climatiques.
Il n’en demeure pas moins que nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la crise du logement. L’idée n’est ni de sacrifier des pratiques d’aménagement bien établies ni d’autoriser la construction d’habitations dans des régions qui ne s’y prêtent pas.
« Des maisons résilientes c’est très bien, mais c’est l’ensemble de l’infrastructure qui doit l’être tout autant que l’environnement qui nous entoure. Nous devons maintenir le cap sur le long terme. Quel impact aura l’aménagement de nos terrains d’ici 50 ou 100 ans lorsqu’il ne sera plus possible de faire marche arrière? »
Une cure de jouvence s’impose à nos codes du bâtiment afin qu’ils reflètent les conditions météorologiques actuelles. En effet, le code du bâtiment fédéral en vigueur ne contient aucune norme relative aux inondations, aux tempêtes de grêle, aux feux incontrôlés ni au risque de tremblements de terre : nos habitations y sont donc vulnérables. Les Canadiens sont plus que jamais sensibles aux conditions météorologiques inhabituelles, notamment aux inondations et aux feux incontrôlés, qui ne cessent de susciter une forte attention médiatique.
Des changements réglementaires s’imposent et la politique importe peu. Des codes du bâtiment à jour doivent contenir des mesures de protection contre les catastrophes naturelles. La conformité aux normes en matière de sécurité est de mise pour les nouvelles constructions ainsi que pour les habitations réaménagées. Les trois spécialistes s’entendent sur l’importance d’inclure ces modifications à nos codes pour une seule et même raison : renforcer la résilience de nos infrastructures résidentielles.
« Les gouvernements doivent privilégier la révision des codes et le BAC est catégorique sur la question depuis plus d’une décennie, » affirme Roy.
« Idéalement, nous disposerions de codes du bâtiment propres à chaque région, » renchérit M. Copeland. La Colombie-Britannique s’est dotée de codes tenant compte des risques sismiques, entre autres, à Vancouver et à Victoria. En outre, la province a aussi adopté des codes contenant des mesures de protection contre les feux incontrôlés aux côtés de l’Alberta.
« C’est une façon de répondre aux coûts des sinistres, » ajoute M. Copeland. « Le Canada possède un code du bâtiment national et quelques exemples de codes plus ciblés. Selon moi, il serait préférable d’ajuster les codes en fonction des régions et des risques qui y sont présents. »
M. Taylor souligne que les questions liées à la résilience comme l’aménagement des terrains prennent un caractère politique à mesure que les gouvernements se succèdent. Il serait donc beaucoup plus simple d’adapter les codes du bâtiment.
« Dans les deux cas, les ministères responsables doivent se donner un mandat clair : les habitations des Canadiens doivent être résilientes et ces structures doivent le demeurer autant en 2050 qu’en 2075, » conclut-il. « Du point de vue de l’aménagement des terrains, il est important de comprendre que la capacité de résistance aux intempéries n’est pas infinie. Et, pour la petite histoire, nous réduisons encore plus cette capacité en construisant sans trop réfléchir aux conséquences. »
Le risque de tremblements de terre au Canada est réel et important. Est-ce important donc de mettre à jour nos codes du bâtiment afin que nos habitations soient résilientes face au risque sismique? Bien sûr! Mais le problème est beaucoup plus complexe que la simple protection des propriétés. L’industrie de l’assurance souhaite que le gouvernement se dote d’une solution qui protégera les Canadiens contre les conséquences indirectes de séismes. Le Canada est le seul pays du G7 à ne pas encore disposer d’un filet de sécurité financière fédéral, qui continue de faire l’objet de discussions à Ottawa.
Les aspects sociaux et économiques sont indissociables d’un bout à l’autre du pays. Si le pays est frappé par un important tremblement de terre, les entreprises doivent pouvoir poursuivre leurs activités; le filet est donc indispensable pour éviter que l’économie se retrouve au point mort.
« Le gouvernement fédéral a lancé des consultations au printemps démontrant ainsi son intérêt dans ce dossier, » de dire M. Roy. « Il est désormais clair qu’en l’absence d’un soutien financier fédéral, il sera impossible pour le Canada de conserver un avantage concurrentiel à la suite d’un phénomène sismique. La question est loin d’être réglée, mais la motivation est là. »
Certaines politiques et mesures ayant une incidence sur l’abordabilité de l’assurance habitation au Canada ne dépendent ni des gouvernements fédéral ou provinciaux, ni des titulaires de police, ni de l’industrie de l’assurance. En effet, une situation géopolitique marquée par l’instabilité est encore plus difficile à prédire que la météo et les Canadiens n’y peuvent rien. Elle demeure néanmoins un indicateur de taille. En effet, les dépenses ménagères de base, comme les coûts d’énergie, commencent à affaiblir la capacité des propriétaires occupants à s’acquitter des frais liés à l’assurance. La fluctuation des prix de l’essence en raison de la conjoncture géopolitique, par exemple, fait grimper en flèche le coût de la vie qui donne déjà du fil à retordre aux Canadiens. Le commerce avec les États-Unis demeure marqué par les tarifs de douane imposés sur les matériaux de construction comme le bois ou l’acier, allant de 10 pour cent à 50 pour cent . Les coûts de construction et de reconstruction en souffrent et les chaînes d’approvisionnement en subissent les conséquences.
Si l’on considère les questions d’ordre mondial et leur influence sur l’économie canadienne, notamment les droits de douane ou le prix de l’essence, la plupart ne sont pas du ressort de l’industrie de l’assurance, qui y fait face les mains liées.
« Nous sommes tous dans le même bateau, tant les consommateurs que les professionnels de l’industrie, » précise M. Roy. « Les coûts de reconstruction sont à la hausse et nous avons du mal à nous approvisionner en matériaux. »
L’incidence sur le coût de la vie est loin d’être négligeable, ajoute-t-il.
« Les assureurs suivent l’actualité de près, mais que peuvent-ils y faire? Pas grand-chose. »
Le pouvoir est-il entre les mains des titulaires de police?
S’ils sont motivés et bien informés, les titulaires peuvent participer à l'atténuation des risques liés aux changements climatiques. Prenons les inondations à titre d’exemple. Le gouvernement fédéral est sur le point de lancer une plateforme en ligne pour sensibiliser la population aux risques d’inondation. Les propriétaires occupants seront donc en mesure de mieux évaluer leur propre risque.
« Il s’agit d’une initiative reposant sur la collaboration entre différents paliers du gouvernement, » précise M. Roy.
« Le gouvernement fédéral fait donc preuve d’ouverture d’esprit en privilégiant ce type de solutions afin de sensibiliser les consommateurs aux risques propres à leur habitation. » « Nous voyons cela d’un très bon œil. Ce qui compte c’est de tenir les Canadiens informés et de protéger leurs propriétés qui sont, dans bien des cas, leur principal bien. »
Selon Copeland, les agents immobiliers pourraient être extrêmement utiles comme courroie de transmission des connaissances sur les différents risques avec lesquels les propriétaires occupants doivent composer. Ces derniers doivent faire preuve de diligence raisonnable en informant les acheteurs potentiels des risques rattachés à la propriété qui les intéresse s’ils en ont connaissance.
« Même s’il n’existe aucune exigence quant à la présentation de données sur les périodes de retour pour les inondations, les tempêtes de grêle ou les tremblements de terre dans les annonces de propriétés à vendre, les agents immobiliers ont une obligation de diligence envers leurs clients afin que ces derniers puissent prendre une décision éclairée en ce sens, » affirme M. Copeland. Le dernier mot appartient au consommateur, mais les professionnels doivent veiller à ce qu’il ait en main les renseignements nécessaires au sujet des risques et des expositions qui s’y rapportent. »
L’industrie de l’assurance a peut-être aussi un peu de mal à communiquer. Comment expliquer que l’incidence directe sur les sinistres assurés est dictée par un contexte marqué par une grande volatilité et que la tarification des produits suit une courbe intuitive, aspects que les gens du milieu saisissent facilement et que d’autres atténuent avec brio.
M. Copeland tient à souligner que les prix des produits d’assurance dépendent en grande partie des fluctuations du marché, entre périodes de durcissement et d’assouplissement, ce qui explique les importantes variations des prix de l’assurance habitation. En effet, les prix changent, surtout lorsque le marché fait preuve de souplesse et permet aux consommateurs de profiter de tarifs plus avantageux, mais le coût sous-jacent demeure : les phénomènes météorologiques extrêmes, des habitations construites en zones vulnérables et des pertes catastrophiques qui bouleversent des vies entières et changent la donne pour les assureurs.
L’oscillation entre les cycles de durcissement et d’assouplissement du marché engourdit artificiellement les préoccupations des titulaires de police. Le prix de l’assurance habitation est à la baisse? Aucune raison de s’en préoccuper alors.
« Le danger est que les consommateurs se laissent bercer par une illusion de sécurité à mesure que les prix chutent, alors que les risques fondamentaux, notamment les phénomènes météorologiques et les coûts de construction, continuent de s’aggraver et qu’un seul événement est en mesure de radicalement changer la situation, » conclut M. Copeland. « Si le prix de l’assurance habitation double à la date du prochain renouvellement, le fardeau financier qui pèse sur eux pourrait s’alourdir. »
Il est important de mettre en évidence que l’exposition aux risques fondamentaux s’accroît et que l’assouplissement du marché de l’assurance peut induire les consommateurs en erreur.
Selon M. Taylor, l’industrie doit mettre les bouchées doubles pour bien communiquer les risques, les mesures d’atténuation et les garanties offertes de manière claire et concrète.
« Personne ne regarde le monde de l’assurance des étoiles plein les yeux; nous sommes une industrie un peu à part, » dit-il. « Notre mode de fonctionnement est simple. Les sommes récoltées servent à couvrir les indemnités que nous versons. C’est pourquoi il est essentiel de miser sur l’honnêteté en expliquant nos tarifs aux clients en évitant d’y aller par quatre chemins. »
Références
- https://www.ctvnews.ca/ottawa/article/rising-cost-of-living-is-raising-financial-strain-on-average-canadians-survey-says
- https://www.cbc.ca/news/politics/fund-provinces-homebuilding-9.7143380
- https://globalnews.ca/news/11723823/ontario-announces-conservation-authority-plan
- https://ca.finance.yahoo.com/news/gas-prices-to-rise-as-summer-road-trip-season-nears-experts-110000323.html
- https://www.blakes.com/insights/us-canada-tariffs-timeline-of-key-dates-and-documents